Quand on ouvre un livre de botanique à la page des cucurbitacées, on tombe vite sur des mots comme « péponide », « vrille » ou « ovaire infère ». Ces termes décrivent pourtant des choses très concrètes : la chair d’une pastèque, la spirale qui accroche un pied de courge au grillage, le renflement sous la fleur de courgette.
Ce lexique des cucurbitacées sous ordres relie chaque mot technique à l’organe ou à la structure que vous pouvez observer dans un potager ou sur un étal de marché.
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Cucurbitales et classification APG IV : situer les cucurbitacées dans l’arbre du vivant
Avant de parler des organes, il faut savoir où se rangent les cucurbitacées. La classification APG IV, référence en botanique depuis 2016, place la famille des Cucurbitaceae dans l’ordre des Cucurbitales, lui-même rattaché aux eudicotylédones.
Vous avez déjà remarqué que courgettes et melons ont des fleurs à cinq pétales soudés ? Ce point commun n’est pas un hasard. Il traduit leur appartenance au même clade, un groupe de plantes partageant un ancêtre commun. Le mot « clade » vient du grec klados (branche) : pensez à une branche d’arbre généalogique.
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Un « ordre » botanique regroupe plusieurs familles proches. Les Cucurbitales comptent ainsi d’autres familles que les cucurbitacées, mais c’est cette dernière qui nous intéresse pour le potager. La famille rassemble les genres Cucurbita (courges), Cucumis (concombres et melons), Citrullus (pastèques) et bien d’autres.

Lexique des organes végétatifs des cucurbitacées : tige, feuilles, vrilles
Les cucurbitacées sont presque toutes des plantes herbacées à tiges rampantes ou grimpantes. Voici les termes à connaître pour décrire leur appareil végétatif, c’est-à-dire tout ce qui n’est ni fleur ni fruit.
Tige et entre-noeud
La tige des cucurbitacées est souvent creuse et anguleuse. Entre deux points d’attache de feuilles, on parle d’entre-noeud : c’est le segment de tige compris entre deux noeuds consécutifs. Sur un pied de concombre vigoureux, ces entre-noeuds s’allongent rapidement.
Feuilles palmatilobées
Prenez une feuille de courgette dans la main. Elle est large, découpée en lobes qui partent d’un même point, un peu comme les doigts d’une main ouverte. Ce type de feuille se nomme feuille palmatilobée. Le pétiole (la « queue » de la feuille) est souvent long et creux chez les cucurbitacées.
Vrilles
Les vrilles sont des organes filiformes qui s’enroulent autour d’un support. Chez les cucurbitacées, elles naissent à l’aisselle des feuilles, c’est-à-dire à l’angle entre le pétiole et la tige. Elles peuvent être simples ou ramifiées. Leur rôle est mécanique : elles permettent à la plante de grimper sans produire de bois.
Fleur de cucurbitacée : comprendre la pollinisation et l’ovaire infère
Les cucurbitacées portent généralement des fleurs unisexuées. Sur un même pied de courgette, certaines fleurs sont mâles (elles produisent du pollen), d’autres sont femelles (elles contiennent l’ovaire qui deviendra le fruit). Cette disposition s’appelle la monoécie.
Vous avez peut-être déjà repéré la différence à l’oeil nu : la fleur femelle présente un renflement à sa base, absent chez la fleur mâle. Ce renflement est l’ovaire, et il se situe sous les pétales. On dit que l’ovaire est infère, par opposition à un ovaire supère placé au-dessus du point d’attache des pétales.

Les étamines des fleurs mâles produisent le pollen, transporté par les insectes (principalement les abeilles) jusqu’au stigmate des fleurs femelles. Le stigmate est la surface réceptrice, souvent légèrement collante, située au sommet du pistil. Sans cette pollinisation entomophile (par les insectes), pas de fruit.
Péponide et graines : le vocabulaire du fruit des cucurbitacées
Le fruit typique des cucurbitacées porte un nom précis : la péponide. Ce terme désigne un fruit charnu, issu d’un ovaire infère, à écorce plus ou moins dure et à graines noyées dans la pulpe. La pastèque, le melon, la courge butternut et le concombre sont tous des péponides.
Quelques termes utiles pour décrire ce fruit :
- L’épicarpe est la couche externe, ce qu’on appelle la peau ou l’écorce. Chez le potimarron, il est fin et comestible. Chez la courge musquée, il est épais et lignifié.
- Le mésocarpe correspond à la chair que l’on mange, la partie la plus épaisse du fruit.
- L’endocarpe est la couche interne, souvent filandreuse, qui entoure la cavité centrale où logent les graines.
- Les graines des cucurbitacées sont plates, ovales, et protégées par un tégument (enveloppe). Chez le potiron, ce tégument est blanc ou crème, et les graines sont comestibles une fois grillées.
La péponide se distingue d’une baie classique par son écorce durcie, issue de la transformation du réceptacle floral. C’est cette particularité qui permet aux courges de se conserver plusieurs mois après la récolte.
Termes de morphologie souvent confondus chez les cucurbitacées
Certaines confusions reviennent souvent quand on décrit les cucurbitacées. Voici les plus fréquentes.
- Genre et espèce : Cucurbita est un genre (un groupe d’espèces proches). Cucurbita maxima (le potiron) et Cucurbita pepo (la courgette) sont deux espèces distinctes du même genre. Les hybridations entre espèces d’un même genre sont possibles, ce qui complique parfois l’identification.
- Fruit et légume : en botanique, la courgette est un fruit (elle provient de la transformation de l’ovaire après fécondation). Le terme « légume » relève du vocabulaire culinaire, pas de la classification botanique.
- Vrille et stolon : la vrille s’enroule pour grimper, le stolon rampe au sol pour produire un nouveau plant. Les cucurbitacées produisent des vrilles, rarement des stolons.

Ce lexique des cucurbitacées sous ordres couvre les termes que vous rencontrerez le plus souvent en parcourant un guide de culture ou une flore illustrée. Chaque mot renvoie à une structure observable, des vrilles spiralées sur un grillage à la cavité filandreuse d’une courge ouverte en deux. Garder un exemplaire de chaque organe sous les yeux, feuille palmatilobée ou fleur coupée en deux, reste la méthode la plus directe pour ancrer ce vocabulaire.

