Le Roundup concentré est un herbicide à base de glyphosate dont la concentration en matière active varie d’un produit à l’autre. Cette concentration, exprimée en grammes par litre (g/L), détermine directement la quantité de produit à verser dans un pulvérisateur de 5 litres. Parler de « dosage Roundup » sans préciser la formulation utilisée n’a pas de sens technique : deux bidons portant la même marque peuvent exiger des volumes de dilution très différents.
Concentration en glyphosate : le paramètre qui change tout pour le dosage
Sur l’étiquette d’un Roundup concentré, la mention la plus déterminante est la teneur en glyphosate, souvent indiquée sous la forme « 360 g/L », « 450 g/L » ou « 540 g/L ». Ce chiffre désigne la masse de substance active dissoute dans chaque litre de produit commercial.
Plus la concentration est élevée, moins il faut de produit pour obtenir le même effet herbicide. Autrement dit, un Roundup à 540 g/L nécessite environ moitié moins de volume qu’un Roundup à 360 g/L pour traiter la même surface dans les mêmes conditions.
Le taux de dilution recommandé par les fabricants oscille généralement entre 1 et 2 % pour les adventices annuelles courantes. Rapporté à 5 litres d’eau, ce pourcentage se traduit ainsi :
| Concentration du produit | Dilution 1 % (herbes annuelles) | Dilution 2 % (herbes vivaces, végétation coriace) |
|---|---|---|
| 360 g/L | 50 ml pour 5 L d’eau | 100 ml pour 5 L d’eau |
| 450 g/L | 40 ml pour 5 L d’eau | 80 ml pour 5 L d’eau |
| 540 g/L | 30 ml pour 5 L d’eau | 60 ml pour 5 L d’eau |
Ces fourchettes correspondent aux préconisations habituelles pour un usage professionnel en zone non agricole. L’étiquette du produit reste la seule référence fiable : elle prime sur tout tableau générique.

Loi Labbé et glyphosate : ce que la réglementation française interdit réellement
Avant de calculer un dosage, il faut vérifier si l’on a le droit d’utiliser ce produit. En France, la loi Labbé interdit depuis le 1er janvier 2019 l’achat, l’usage et la détention de produits phytopharmaceutiques de synthèse par les particuliers, Roundup compris. Garder un vieux bidon dans l’abri de jardin pour « finir le flacon » constitue une infraction, même si le produit a été acheté légalement avant cette date.
Une deuxième restriction est passée plus inaperçue. Depuis le 1er juillet 2022, aucun produit phytopharmaceutique hors biocontrôle ne peut être appliqué dans une propriété privée à usage d’habitation, quel que soit le statut de la personne qui pulvérise. Un professionnel titulaire du Certiphyto n’a plus le droit de venir traiter au glyphosate autour d’une maison particulière.
L’interdiction porte donc sur le lieu, pas uniquement sur le statut de l’utilisateur. Les seuls contextes où le dosage Roundup pour 5 litres d’eau reste légalement pertinent sont les usages professionnels agricoles ou les zones non agricoles gérées par des collectivités sous dérogation spécifique.
Adapter la dose de Roundup au type de végétation ciblée
Toutes les adventices ne réagissent pas de la même façon au glyphosate. La dose basse (dilution à 1 %) suffit généralement pour des plantules annuelles en début de croissance : graminées tendres, mouron, séneçon.
Les vivaces à rhizomes (chiendent, liseron, prêle) ou les plantes ligneuses (ronces, rejets d’arbustes) exigent la dose haute, voire une deuxième application après repousse. La raison est physiologique : le glyphosate est un herbicide systémique qui doit migrer jusqu’aux réserves racinaires. Une végétation à système racinaire profond absorbe et dilue la substance active, ce qui diminue l’efficacité d’une dose trop faible.
- Herbes annuelles en croissance active : dilution à 1 %, soit la fourchette basse du tableau ci-dessus.
- Vivaces bien installées (chiendent, liseron) : dilution à 2 %, avec une application sur feuillage sec et en croissance.
- Ronces et rejets ligneux : dose maximale autorisée par l’étiquette, souvent appliquée en fin d’été quand la sève redescend vers les racines.
Augmenter la dose au-delà de l’étiquette ne compense pas une mauvaise période d’application. Pulvériser sur un feuillage mouillé par la rosée ou juste avant une pluie annule une partie du transfert foliaire, quelle que soit la concentration.

Préparer la solution dans un pulvérisateur de 5 litres sans erreur de mesure
L’approximation au bouchon est la première source de surdosage. Un bouchon de bidon ne contient pas un volume standardisé. Utiliser une seringue graduée ou un gobelet doseur gradué en millilitres permet de respecter la quantité calculée à quelques millilitres près.
L’ordre de remplissage a aussi son importance :
- Verser d’abord la moitié du volume d’eau dans le pulvérisateur (environ 2,5 litres).
- Ajouter la dose mesurée de Roundup concentré.
- Compléter avec le reste de l’eau jusqu’à la graduation 5 litres.
- Fermer et agiter doucement pour homogénéiser la solution.
Ce protocole limite les éclaboussures de produit pur et garantit un mélange homogène. Ne jamais verser le concentré dans un pulvérisateur vide : le produit pur au fond du réservoir peut obstruer la buse ou provoquer un jet surdosé au démarrage.
Après utilisation, rincer trois fois le pulvérisateur avec de l’eau claire. L’eau de rinçage ne doit pas être vidée dans un regard d’évacuation ou à proximité d’un point d’eau.
Dosage Roundup pour 5 litres d’eau : résumé des repères à retenir
Le volume de produit à diluer dans 5 litres d’eau dépend de deux variables : la concentration en glyphosate inscrite sur l’étiquette et la nature de la végétation à traiter. Pour un Roundup à 360 g/L, la fourchette courante se situe entre 50 et 100 ml. Pour les formulations plus concentrées, elle descend proportionnellement.
Le cadre réglementaire français limite désormais cet usage aux professionnels intervenant hors propriétés privées d’habitation. Un particulier ne peut ni acheter, ni détenir, ni utiliser de Roundup concentré, quelle que soit la quantité restante dans le bidon. Les alternatives de biocontrôle ou le désherbage mécanique restent les seules options légales pour un jardin privé.

