Le dosage du glyphosate pour 5 litres d’eau ne se lit pas sur un tableau universel. Il se calcule à partir d’une donnée imprimée sur le bidon : la concentration en matière active, exprimée en grammes par litre (g/L). Un produit à 360 g/L et un produit à 720 g/L ne demandent pas la même quantité de liquide commercial pour obtenir le même effet.
Tout le reste, type de végétation, stade de croissance, surface traitée, vient après cette donnée de base.
Concentration g/L du glyphosate : le seul chiffre qui détermine votre calcul
La concentration en matière active varie d’un produit commercial à l’autre. On trouve couramment des formulations à 360 g/L, mais certaines montent à 720 g/L. Ce chiffre figure obligatoirement sur l’étiquette, dans la rubrique « composition » ou « substance active ».
Un produit deux fois plus concentré nécessite deux fois moins de volume versé dans le pulvérisateur pour apporter la même quantité de matière active au sol. Ignorer cette donnée revient à traiter en aveugle : soit la dose est insuffisante et les adventices repartent en quelques semaines, soit elle est excessive, ce qui augmente la charge chimique sans bénéfice supplémentaire.
Avant toute manipulation, repérez cette valeur sur votre bidon. Si l’étiquette est illisible ou ancienne, la base de données E-Phy de l’ANSES permet de retrouver les caractéristiques exactes du produit à partir de son nom commercial et de son numéro d’autorisation de mise en marché.

Calcul de dilution glyphosate pour un pulvérisateur de 5 litres
Le raisonnement part toujours de la dose homologuée par hectare, ramenée à la surface réellement traitée et au volume de bouillie pulvérisé. Pour un usage localisé au jardin ou sur une allée, la logique de proportionnalité reste la même que pour un traitement agricole, seule l’échelle change.
La formule de base
La dose de produit commercial à verser dans 5 litres d’eau dépend de trois paramètres : la dose homologuée (en litres de produit par hectare), le volume de bouillie appliqué par hectare (souvent autour de quelques centaines de litres selon le matériel), et la contenance de votre pulvérisateur.
Volume de produit = (dose/ha × contenance du pulvérisateur) / volume de bouillie par hectare. Ce calcul donne un résultat en millilitres à verser dans vos 5 litres d’eau. Toute tentative de doser « au bouchon » sans faire ce calcul expose à une erreur de proportion significative.
Pourquoi deux produits à concentrations différentes donnent des volumes très différents
Prenons un cas concret. Si la dose homologuée pour un produit à 360 g/L est de quelques litres par hectare pour des herbes annuelles, un produit à 720 g/L atteindra la même quantité de matière active avec un volume de produit commercial réduit de moitié. Verser la même quantité des deux produits dans 5 litres d’eau revient à doubler la dose active avec le second, ce qui constitue un dépassement de la dose homologuée, interdit par la réglementation.
Adapter la dose de glyphosate selon le type de végétation ciblée
La matière active agit par absorption foliaire. La quantité nécessaire varie selon la résistance physiologique de la plante et sa surface foliaire disponible au moment du traitement.
- Les herbes annuelles jeunes (pâturin, mouron, stellaire) absorbent rapidement le glyphosate et nécessitent la dose la plus basse du spectre homologué. Un traitement précoce, quand les plantules font quelques centimètres, optimise le résultat.
- Les vivaces à rhizomes ou stolons (chiendent, liseron, rumex) exigent une dose plus élevée, car la substance doit migrer jusqu’aux organes souterrains de réserve pour empêcher la repousse.
- Les graminées à feuilles étroites et cireuses (certaines fétuques) offrent moins de surface d’absorption. L’ajout d’un adjuvant mouillant, compatible avec le produit, améliore le contact sans augmenter la dose de matière active.
Dans tous les cas, la dose maximale figure sur l’étiquette du produit. La moduler à la baisse est autorisé, la dépasser ne l’est pas.
Réglementation française sur le glyphosate : qui peut encore l’utiliser
Depuis la loi Labbé et ses extensions, les particuliers n’ont plus le droit d’acheter ni d’utiliser de produits phytopharmaceutiques contenant du glyphosate en France. Seuls les professionnels disposant d’un Certiphyto valide peuvent acquérir et appliquer ces produits, dans le cadre strict des usages autorisés par l’AMM (autorisation de mise sur le marché).
Au niveau européen, le glyphosate reste approuvé comme substance active jusqu’au 15 décembre 2033, selon le règlement d’exécution (UE) 2023/2660. Une correction technique de ce règlement a été publiée au Journal officiel de l’UE le 24 juillet 2026 (réf. OJ:L_202690622), sans modifier la décision de fond.
Un point de vigilance rarement signalé : des bidons fabriqués avant cette correction de juillet 2026 peuvent porter un étiquetage qui ne reflète plus exactement les conditions d’emploi en vigueur. Un professionnel qui se fie uniquement aux indications imprimées sur une ancienne étiquette risque d’appliquer le produit dans des conditions non conformes. La recommandation pratique est de vérifier systématiquement la fiche produit sur la base E-Phy avant chaque utilisation.

Erreurs de dosage glyphosate : ce qui se passe concrètement en cas de surdosage ou sous-dosage
Un sous-dosage ne « ménage » pas l’environnement. Il entraîne un jaunissement partiel des adventices, suivi d’une repousse qui oblige à traiter une seconde fois. Le bilan en matière active totale appliquée est souvent supérieur à celui d’un seul passage correctement dosé.
Le surdosage, lui, ne rend pas le traitement plus rapide ni plus durable. Au-delà d’un certain seuil, la plante brûle en surface avant que la substance n’ait migré vers les racines. Les organes souterrains restent viables et la repousse suit. Le surplus de matière active non absorbée reste dans le sol ou ruisselle vers les points d’eau.
La précision du dosage n’est donc pas une précaution théorique. C’est la condition d’un traitement qui fonctionne en un seul passage, avec la quantité de matière active la plus faible possible. Pour un pulvérisateur de 5 litres, investir dans une seringue graduée ou un bécher de laboratoire à quelques euros élimine les approximations liées au bouchon doseur d’origine, souvent peu lisible.

